Espèce envahissante

Myriophylle à épi Myriophyllum spicatum

C’est une plante aquatique submergée vivace et visible à la surface qui vit en colonie et tapisse le fond des lacs. Ses feuilles ressemblent à des plumes et sa tige est solide. Elle rend la baignade désagréable et les lacs non navigables avec des moteurs. La contamination des lacs entraîne une dévaluation de certaines propriétés. Un seul petit fragment suffit pour qu’une toute nouvelle colonie s’installe et envahisse un lac. Les fragments sont transportés par du matériel, une embarcation ou une remorque mal lavée. En 2019, plus de 200 lacs sont envahis et ce nombre ne cesse d’augmenter.

Il n’existe pas de méthode de lutte pour éradiquer cette plante, seulement des méthodes pour tenter de limiter sa propagation. On met à l’essai de méthodes de contrôle comme l’installation de toiles synthétiques au fond des lacs, l’aspiration des fragments et l’incinération de ceux-ci. Cela s’avère épuisant, très coûteux et on ne se débarrasse jamais complètement des envahisseurs.

Cladocère épineux Bythotrephes longimanus

C’est un petit crustacé doté d’une longue queue pointue parsemée d’épines. Il mesure au plus 1,5 centimètre de long. Des colonies s’agglutinent sur le matériel aquatique comme les puises à poisson, les fils à pêche, les cordes, etc. Il suffit d’une seule femelle pour coloniser un nouveau plan d’eau, car elle se reproduit de manière sexuée, mais aussi asexuée. Cet envahisseur compte peu de prédateurs et provoque une compétition gagnée d’avance avec le zooplancton indigène du lac. Ce sont les espèces de poissons indigènes qui sont le plus sévèrement touchées, car elles peuvent avoir du mal à se nourrir strictement de cladocère et impact la pérennité des populations. De plus, c’est toute la biodiversité qui est chamboulée. S’il n’y a plus de zooplanctons herbivores, il y aura un accroissement du taux de phytoplancton et cette surabondance favorise la surproduction d’algues microscopiques et une eutrophisation du plan d’eau.

Méduse d’eau douce Craspedacusta sowerbii

Une autre espèce à garder sous le radar est la méduse d’eau douce. Encore assez rare, elle a tout de même été observée récemment en Estrie, en Mauricie, dans les Laurentides et en Outaouais. Semblable au cladocère épineux, elle peut entrer en compétition avec les espèces qui y sont naturellement établies. Elle entre en compétition avec les larves de nos jeunes poissons pour se nourrir de zooplanctons. Encore une fois, c’est la pérennité de notre population de truites qui est en jeu. Le transport se fait par l’équipement nautique, sur des fragments de plantes, du gravier, etc.

Impacts environnementaux

  • Perturbation de l'écosystème et des frayères
  • Perturbation de la biodiversité locale en compétition avec les plantes indigènes qui seront à la baisse.
  • Engendre des changements physicochimiques du cours d'eau. Comme l’acidification des eaux, la turbidité de l’eau et la diminution de l’oxygène dissous dans l’eau, qui est vitale pour la faune aquatique, dont les truites.
  • Favorise l'eutrophisation en augmentant la quantité de matières organiques dans les cours d'eau.
  • Création des habitats favorables aux moustiques.